Association du souvenir des Martyrs

L’association du souvenir des martyrs a été créée en 1996 par Alfred Gozzo et  perpétue le souvenir de sept jeunes résistants fusillés par la Gestapo à l’entrée du village le 11 juin 1944. L’association participe,  en lien avec la municipalité,   à l’organisation de la   commémoration  qui se déroule chaque année au mois de juin. Une messe est célébrée  et un  hommage  leur est rendu à la stèle des fusillés située à l’entrée du village non loin du lieu du drame.

Depuis sa création, l’association reste fidèle à ses engagements et perpétue le souvenir  en sensibilisant notamment  les plus jeunes au devoir de mémoire, elle a récemment publié une nouvelle édition du livret d’Alfred Gozzo en y joignant les témoignages d’anciens du village. Depuis 2017,  l’association a élargi ses statuts et contribue désormais  à la valorisation du patrimoine de la commune.

Le bureau depuis mars 2017 :

Présidente : Mme Odile HIEZ
Vice- Président : Mr Paul HOMBERT
Trésorier : Mme Caroline MACHON
Vice-trésorier : Mme Marie-Agnès TRUFFAUX
Secrétaire : Mme Christiane WARAMBOURG
Présidents d’honneur : Mr Alfred GOZZO
Mr Sylvain MACHON

LE RECIT DU DRAME DES MARTYRS  DU 11 JUIN 44

La tragédie des sept jeunes résistants fusillés par les Allemands a marqué  l’histoire d’HAPLINCOURT.

Après le débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944, les mouvements de résistance étaient mobilisés. Les résistants du groupe Artois reçoivent l’ordre de départ pour se rassembler afin de gagner le maquis des Ardennes. (Ce n’est que bien après la libération qu’on apprit que cet ordre de départ émanait de la BBC qui la veille du débarquement avait diffusé le message «  la sirène a les cheveux longs décolorés », signifiant ainsi que les résistants du groupe Artois et de la région des Mines devaient se préparer en vue d’un départ dans les Ardennes pour désorganiser les arrières ennemies.)

Plusieurs groupes partiront jour après jour à partir du 6 juin 44 vers des lieux de rassemblement comme le bois de Bourlon, la maison forestière du bois d’Havrincourt… La villa de campagne de Mr Chevalier, instituteur à Arras, située en hauteur à l’entrée du village d’Haplincourt en venant de Bapaume était un lieu de ralliement des résistants mais le mouvement de certains d’entre eux en direction de Cambrai, n’avait  pas échappé à la vigilance des Allemands. Des avions de reconnaissance sillonnaient le secteur et le secret du mot d’ordre s’était ébruité. Le 11 juin 1944 à 20 H 45, des soldats allemands s’arrêtent devant la maison, l’encerclent  et ouvrent le feu. Les résistants à l’intérieur ripostent par un lancer de grenade. Les allemands forcent l’entrée de la maison. Ils sont beaucoup mieux armés, plus aguerris que les résistants. Michel Baillon réussit à fuir mais est abattu dans le jardin. Paul Petit grièvement blessé réussira à s’échapper avec l’aide d’un camarade mais décèdera le lendemain. Les occupants de la maison sont alors faits prisonniers, ils sortent mains sur la nuque et sont  alignés sur la route. Ayant saisis quelques bribes des Allemands, ils comprirent qu’ils allaient être fusillés, ils tentent alors de s’échapper. Les soldats allemands ouvrent alors le feu sur les résistants : Henri Saramagna, Raymond Mortreux, Roger Vasseur sont abattus. Jean Dubus et Roger Level sont grièvement blessés. Les Allemands les abandonnent  pressés d’emmener les autres prisonniers à Arras. Jean DUBUS et Roger LEVEL  seront alors emmenés à la mairie et soignés courageusement  par des habitantes du village. Le lendemain, ils seront transportés à l’hôpital de Bapaume où Roger LEVEL  décèdera. Jean DUBUS fut admis à la clinique Bon Secours à Arras, il survivra à ses graves blessures jusqu’au 28 décembre 1944. Il  eut néanmoins  la joie de connaître la libération. Il fit le vœu de voir s’ériger un monument à Haplincourt à la mémoire de ses camarades. Son vœu fut exaucé  et ce e monument fut  érigé grâce à la jeunesse d’Haplincourt le 14 juin 1946 .

Chaque année, une messe est célébrée à l’intention des jeunes martyrs suivie d’une cérémonie au monument des martyrs… Les aînés, toujours fidèles à la cérémonie, sont encore témoins aujourd’hui du climat d’angoisse, de peur  qui régnait dans le village après le drame.

                                                                                                  Odile HIEZ d’après le récit d’Alfred Gozzo

 

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